La politique de sécurité de Louis Aliot :

état des lieux janvier 2023

 par Olivier GANDOU

 

Dès ses premiers jours de rentrée en fonction, le nouveau maire de Perpignan veut montrer, avec beaucoup d’ostentation, qu’il se préoccupe de la sécurité des Perpignanais. Moyens de répression, de surveillance et communication à outrance sont au rendez-vous. La prévention attendra.

Du maire au conseil municipal

Le temps délibératif (celui du conseil municipal est plus long à mettre en place) n’étant pas celui du temps maire-officier de police, Louis Aliot s’empresse d’occuper l’espace médiatique pour annoncer des décisions, sur le court terme, mélangées avec les décisions pour 2021.

Tout commence, en juillet 2020 avec la déclaration sur la « voyoucratie » au quartier des Oiseaux. Puis 6 mois d’annonces et de décisions de maire. Suivies de 6 mois de décisions du conseil municipal.

Le maire officier de police

En juillet 2020, après le coup de communication sur la cité des Oiseaux, le nouveau maire fait un arrêté contre les incivilités. Et en septembre un nouvel arrêté contre les épiceries de nuit suspectées de divers trafics. En octobre 2020, recrutement d’un nouveau directeur de la police municipale, Philippe Rouch, ex-commandant de police, ancien chef de service judiciaire au ministère de l’Intérieur, aujourd’hui cadre détaché de la police nationale.

-Fermeture d’épiceries et autres établissement

Concernant les trafics dans certaines épiceries perpignanaise on peut lire dans la presse des cas de prise de contrebande  de cigarettes mais à priori aucun de drogue. A plusieurs reprises, après l’arrêté de 2020,  Louis Aliot prendra d’autres arrêtés pour la fermeture d‘épicerie de nuit.

Et actuellement le préfet délègue une partie de ce pouvoir. Depuis septembre 2022 jusqu’à mars 2023 Louis Aliot peut prononcer, au nom de l’État, la fermeture administrative de plusieurs établissements.

Au cours des premiers mois, au Palmarium, c’est la première ouverture du premier poste, premier d’une série de nouveaux postes de police municipale. En novembre 2020, mise en place de la nouvelle organisation de la police municipale avec une police de nuit.

En 2021, les conseils municipaux financent plus de policiers et de surveillance

  • Recrutement de policiers

En février 2021, recrutement de 27 policiers qui s’ajoutent aux 157 policiers municipaux (dont 153 armés) soit après recrutements, 181 agents dont 177 armés.

  • Voisins vigilants

En mars le conseil municipal de Perpignan votait le retour du partenariat (abandonné en 2017), pour 13 000 euros par an , avec Voisins vigilants et solidaires, entreprise marseillaise qui met en place un réseau de surveillance citoyen en lien direct avec la police municipale via un site internet et une application. L’opposition de droite rappelle au nouveau maire qu’ils avaient essayé et abandonné ce partenariat, le trouvant très peu efficace.

Selon le directeur de la police municipale le projet est de remodeler en 30 à 40 zones, Nord, Est, Ouest, Centre, ou des quartiers (Saint-Mathieu ou le Bas Vernet).

  • Commerçants vigilants

Ensuite la mairie demande au prestataire de développer une application spécialisée pour les commerçants. Et en mai 2022 la mairie annonce la version Commerçants vigilants pour tenter de lutter contre la petite et moyenne délinquance dans le centre-ville. Le principe : à partir d'une simple application mobile téléchargeable gratuitement sur son smartphone, tout commerçant témoin d'un acte de violence ou événement suspect peut prévenir l'ensemble des magasins alentour en lançant une alerte. Celle-ci est tout d'abord filtrée en temps réel au PC radio de la police municipale avant d'être ensuite envoyée par SMS à tous les membres connectés de la communauté. L’outil est entré en phase de test dans le centre-ville et pourrait s'étendre plus largement en cas de succès. 

En ce début 2023, aucune information ne semble circuler sur l'utilité de l'application.

  • Ajout de nouvelles caméras

Au mois de mai, le conseil municipal vote pour le financement de 24 caméras s’ajoutant aux 305 caméras de la ville et l’achat 35 gilets pare-balles. La majorité et l'opposition se réjouissent de l'augmentation du nombre de caméras (écouter l'extrait vidéo LIEN). Ce qu’ils ne diront pas aux Perpignanais, c’est que les citoyens de la cité catalane paieront plus de 80% de la dépense globale soit plus de 600 000 euros. (Le compte rendu du conseil municipal précise que l’installation de ces nouvelles caméras est estimée à 792 665.89 €uros hors taxes. La ville de Perpignan sollicite une aide financière du FIPD de 144 000 € soit 40% de la dépense éligible (18.16% de la dépense globale)).

Les études démontrent la faible utilité de la vidéosurveillance. Une étude menée par Guillaume Gormand, chercheur au Centre d’études et de recherche sur la diplomatie, l’administration publique et le politique à la demande du Centre de recherche de l’Ecole des officiers de la gendarmerie de Melun démontre que « sur 1 939 enquêtes, 22 seulement à avoir été élucidées ont pu bénéficier d’éléments tirés de l’exploitation d’enregistrements de vidéoprotection publique, soit 1,13 % du total. En ne retenant que les enquêtes élucidées, l’étude révèle que 5,87 % ont bénéficié d’une contribution vidéo, soit environ 1 sur 20.

 

  • Commande d'armes

A la fin du mois de mai 2021, pour une période initiale de 12 mois, la municipalité effectue une commande d’armes pour un montant de 138 000 euros.

Les postes de police

A l'automne 2020 a lieu la première inauguration au Palmarium. Puis démarre le « feuilleton » de l’ancienne Cigale. En 2021 et 2022 de nouveaux postes vont être inaugurés.

  • le « feuilleton » de l’ancienne Cigale

Ce projet de poste de police à La Cigale est comme pour l'ancienne majorité municipale, une manière d'empêcher la création d'un centre d'accueil (projet du Conseil Général) pour mineurs placés ou isolés (dont des migrants) à l’ancien hôtel-restaurant du boulevard Jean Bourrat.

Le site n’est pas seulement un outil de la politique de sécurité, il s’inscrit dans d’autres domaines de la politique municipale. Objet de communication récurrente, celle-ci est à la croisée du domaine de la sécurité et aussi du domaine social : refuge de femmes battues.

Le 21 octobre 2020 les médias constatent que des travaux ont bien débuté sur le site que la municipalité souhaite transformer en poste de police de proximité. Puis la presse annonce le 22 octobre 2020 que la mairie veut installer un refuge de femmes battues au poste de police de la Cigale et demande le soutien du Conseil départemental. Dans son jugement rendu 18 novembre 2020, le tribunal administratif a décidé de suspendre la décision du maire de Perpignan du 23 septembre 2020 qui affectait l’ancien hôtel-restaurant du boulevard Jean-Bourrat à l’usage de la police municipale et nationale. Si la commune a été condamnée à verser 1500€ au département, l’affectation du bien dans le domaine public a été suspendue et toutes les autres requêtes ont été rejetées, mais le juge n’a pas donné de suites aux injonctions de fermeture. Le poste de police reste ouvert.

La mairie de Perpignan a présenté le 18 mai 2021 au cours au cours d'une  conférence de presse un projet de création de centre d’accueil réservé aux personnes victimes de violences familiales. La mise en place et le fonctionnement de ce centre d’accueil seront le fruit d’une convention liant le Centre communal d’action sociale de Perpignan (CCAS) et l’association Stop violences 66. La première étape : la signature d’une convention avec Stop violences 66 pour 6 ans, par laquelle la Ville s’engage à mettre à disposition de cette association, créée voilà un an par trois avocates Laetitia Aguilar, Eve Bernole et Céline Piret, les moyens d’accomplir ses fonctions d’écoute, de conseil et d’accompagnement. Plus concrètement, les bénévoles disposeront gracieusement d’un lieu d’accueil pour tenir des permanences mais surtout d’hébergements d’urgence dans les locaux de l’ancien hôtel de la Cigale.

Mars 2022 le tribunal administratif de Montpellier annule la décision (médiatisée en novembre 2022) du maire de Perpignan de dédier les locaux de l'ancien hôtel-restaurant à la police. Quant à l'association qui devait, au premier étage, installer un centre d'accueil pour femmes battues, elle a abandonné l'idée.

En novembre 2022, le maire, persiste à vouloir occuper le lieu, et envisage un autre projet pour ce lieu : "loger" 14 agents municipaux armés, membres de la Force action propreté (FAP). Concrètement, leur mission est de lutter contre les dépôts d'ordures sauvages et de répondre aux problèmes de voirie.

  • Les autres inaugurations

Après 6 mois d’annonces, en juin 2021, Louis Aliot inaugure deux postes, ouverts de 11h à 15h, l’un quartier de la gare, l’autre au Moulin à Vent.

En novembre 2021 inauguration d'un poste à Al Sol au quartier du Bas Vernet. Il est envisagé qu’un policier de la Police Nationale y soit détaché pour recevoir les plaintes.

-Le poste de Police Municipale mixte du Moulin à Vent

Dès que ce fut possible, le poste est orné du symbole « national ». Au cours du conseil municipal du 22 septembre 2022, l’assemblée autorise le maire à signer une convention pour la « Création d'une unité de prise de plainte de la Police Nationale au sein du Poste de Police Municipale mixte du Moulin à Vent ». En ce début d'octobre 2022, le panneau "police nationale" s'ajoute au panneau du poste "police municipale" du Moulin à Vent.

-Le poste de Police Municipale « Mailly » quartier Saint Jacques

Novembre 2022, inauguration du poste de Police Municipale Secteur Campus Mailly - St Jacques - La Réal – Rigaud, place Hyacinthe Rigaud. Le  campus Mailly c’est retour d’une partie de l’université au Centre Ville. Projet lancé par le précédent maire en 2014 et réapproprié par Louis Aliot.

Le campus Mailly semble plus prioritaire que la réhabilitation du quartier. Avec le conseil municipal de ce même mois de novembre 2022, les habitants du quartier St Jacques découvrent qu’il y aura 4 fois moins de réhabilitations dans le quartier. Le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) prévoyait la réhabilitation de 24 îlots dégradés du quartier Saint-Jacques. On ne va réhabiliter finalement que 6 îlots. Lire l’analyse de Jean-Bernard Mathon sur le quartier

La communication et la politique de sécurité d’Aliot

 

La communication est une autre des grandes caractéristiques de la politique de Louis Aliot.

Sans surprise, la communication est abondante dans le domaine de la sécurité et par conséquent complexe à analyser. J’ai choisi pour cette raison d’aborder simplement plusieurs exemples.

A chaque début de chaque année, la politique  de sécurité est le thème de l‘affichage  dans toute la ville.

Trafic de drogue des Oiseaux à El Vives: communication, décisions et réalité

La cité des Oiseaux à Perpignan est connue depuis des années pour son trafic de drogue.

Début juillet 2020 Louis Aliot arpente avec la presse les rues des Oiseaux en déclamant sa volonté de lutter contre la « voyoucratie ».

Au cours des premiers mois de 2021, la cité des Oiseaux, gangrenée depuis longtemps par un trafic de drogue, a connu descente de police sur descente de police, des opérations menées conjointement par les équipes nationale et municipale. En quelques mois, le quartier débarrassé de ses dealers a retrouvé une relative tranquillité.  

Le 22 juin 2021, depuis quelques semaines, les habitants d’El Vivès, dans le quartier du Vernet à Perpignan dénoncent un climat délétère au sein de leur cité. En cause, le déplacement du point de deal des Oiseaux, dans leur quartier.

Le 29 juin la presse informe que pendant deux jours, des ouvriers vont s'affairer au murage du point de deal de la cité El Vivès. Des travaux financés par le nouveau syndic de copropriété, et surveillés par la police municipale de Perpignan. Le 30 juin un nouvel article précise que la moitié d'un mur monté plus tôt dans la matinée, a été en partie détruit pendant la nuit, le 29 juin. Ce sont les habitants eux-mêmes qui vers minuit, ont rappelé les policiers municipaux, pour les prévenir que les dealers étaient revenus. Les habitants de la résidence se montraient quelque peu agacés le matin : "A la base on voulait embaucher un agent de sécurité avec un chien pour qu'il reste toute la nuit, mais on nous a dit que ce n'était pas la peine. Et finalement, on va se retrouver à payer des travaux supplémentaires !". En réaction, la municipalité de Perpignan a décidé d'installer plusieurs blocs de béton de deux tonnes, afin de bloquer l'accès aux murs fraîchement montés.

 

Le murage revient parfois dans la communication municipale. Comme par exemple, en juin 2022 avec une opération "démolition", ils ont muré avec de gros blocs en béton cité les accès à l'ancien hammam déserté, qui servait à stocker la drogue du champ de Mars, ou en septembre 2022, pour la cité ensoleillée, quartier Mailloles.

 

L’été 2021 : le meurtre à la place Cassanyes

L’été 2021 a été particulièrement tendu. Au mois de juillet les commerçants de l’avenue de la Gare et du quartier St Jacques alertent de l’augmentation de l’insécurité (vol avec couteau,  agressions physiques, tirs au pistolet à bille, adolescent roué de coups et tabassé  à coups de barre de fer (pour plus de détails lire cette publication LIEN). Puis un mort en août fait réagir le maire.

Dans la nuit de dimanche à lundi 9 août une rixe éclate place Cassanyes. Il y a eu des coups de feu et un mort. Quelques heures après le drame, Aliot a pris la parole via les réseaux sociaux pour dénoncer « la gangrène du trafic de drogue » et son intention ferme de « gagner cette guerre». Un plan anti-drogue serait présenté en septembre. Il a présenté une « liste des courses », selon lui, au gouvernement : «le nouveau commissariat, le nouveau Palais de justice, des effectifs supplémentaires pour une grande ville  et envoi de forces de sécurité pour assurer une permanence dans les quartiers". Stephane Babey reconnaît que la municipalité est impuissante. "Ça fait des mois et des mois qu'on alerte sur cette situation. On ne peut absolument pas lutter seul et on a absolument besoin des moyens forts de la police nationale. On attend", insiste le collaborateur du maire, avant d'ajouter : "Mais nous allons continuer à mettre la pression encore et encore sur les trafiquants."

Louis Aliot, annonce le 10 août la fermeture totale de la place Cassanyes pour le stationnement durant la nuit, et ce à compter du lundi 16 août : "Cette mesure a pour but de stopper les nombreux attroupements, les trafics de toutes sortes - en premier lieu celui de la drogue – mais aussi de mettre fin aux rodéos sauvages qui nuisent à la sécurité et la tranquillité des habitants du quartier", indique un communiqué de la mairie de Perpignan. De plus, " à compter du 1er septembre, de 14 heures à 20 heures, le stationnement sur la place Cassanyes sera accessible gratuitement seulement aux usagers souhaitant accéder aux commerces, et ceci pour une durée de 60 minutes". Aucun stationnement ne sera donc autorisé à compter du lundi 16 août 2021 sur la place Cassanyes entre 20 h et 5 h  et tout véhicule se trouvant à cet endroit sera automatiquement enlevé. Pour accéder à la place, les usagers devront se signaler à la borne amovible, directement reliée à la police municipale. "Ce dispositif de bornes sera complété par un système de vidéo-verbalisation et une présence appuyée de la police municipale afin de faire respecter la nouvelle réglementation."

Betriu

L'espace où se trouvait Betriu 

le

6 novembre 2021.

La précédente municipalité voulait aussi démolir cet immeuble implanté à l'angle de la place Cassanyes, connu comme point de deal. Une partie de la population du quartier s'opposait à cette démolition. La présentation de la question depuis des années mériterait une page en elle même.Ci-dessous une courte présentation.

Le 4 septembre 2021, Louis Aliot a tenu une conférence de presse. L’élu du Rassemblement National déclarait que l’immeuble Betriu construit il y a seulement 25 ans était devenu “un problème social, un problème de société”. Pour répondre au sentiment d’abandon des gens du quartier, et notamment au niveau de l’insécurité, Louis Aliot indiquait qu’au projet urbanistique, il manquait un volet humain et social. 

Le 4 septembre 2021 la presse constate que le projet est flou. Le projet présenté par la mairie prévoit “la réalisation de 35 logements dont l’architecture devra permettre la mise en valeur de cet espace, ainsi que de donner à leurs occupants une qualité d’habitation nettement supérieure”. Ce projet devrait être mené par un opérateur privé ; mais à l’heure où les pelleteuses vont entrer en jeu, et selon plusieurs acteurs du projet, aucun opérateur ne semble s’être positionné pour reconstruire. Les habitants craignent donc que la destruction de Betriu ne laisse place qu’à une nouvelle place vide. De son côté, la mairie prévoit des aménagements temporaires. Il s’agit d’un espace de jeux et d’entraînement pour enfants et adolescents. Mais là aussi, les habitants et riverains craignent que ce lieu ne soit à nouveau conquis par les dealers.Fin octobre 2021 l'immeuble est démoli.

Détruire un immeuble fait-il disparaitre le trafic de drogue?

Le 9 janvier 2023 la presse s'intéresse au procès pour une affaire liée à la guerre des gangs pour s'approprier le four Bétriu, au cœur du quartier Saint-Jacques. Elle s'interroge aussi sur l'évolution du point de deal et la destruction du bâtiment de Betriu.

On admet du côté de la police nationale : ""Ça s'est bien calmé aux alentours de la place Cassanyes, même s'il reste quelques points de revente dans le coin",. Après la fermeture du four Bétriu, les dealers auraient pris leurs quartiers du côté du Champs-de-Mars. Conséquence : "Le trafic a pris une plus grande ampleur là-bas". Et les journalistes relèvent dans la rue que "L'ancien four n'existe plus depuis qu'il y a eu les affaires. Ça a ralenti mais il y en a toujours qui vendent près de la place Cassanyes. Ce ne sont plus les mêmes qu'avant qui vendent à Saint-Jacques mais les boss d'il y a des années, c'est toujours les mêmes"..

L’été 2022 : le meurtre rue Clodion

L'été 2022 est marqué par un nouveau meurtre médiatisé qui provoquera une nouvelle communication municipale sur les trafics. Par ailleurs, le meurtre médiatisé a révélé médiatiquement des tensions sociales et des trafics de drogues arrivé plus tôt dans d'autres quartiers comme Saint Mathieu  (Pour plus de détails lire la partie "*Meurtre estival en pleine rue et propagande" https://61294045f2a0f.site123.me/bienvenu-sur-mon-blog/septembre-2022-27-mois-d-aliot-%C3%A0-perpignan-par-olivier-gandou  ).

Le dimanche 15 août 2022 au soir dans le quartier du Bas-Vernet à Perpignan au niveau de la rue Clodion et de la place du Boules, il y a un mort et un blessé sérieux. La presse émet l'hypothèse d'un règlement de comptes, sur fond de trafic de drogue.

Le Facebook de la Ville communique le 17 août 2022 :  "Louis Aliot, maire de #Perpignan, communique : « Trafics de #drogue : la situation ne peut plus durer » Le règlement de comptes qui s’est produit dans la soirée de lundi dans le quartier de Clodion vient une nouvelle fois démontrer à quel point les trafics de drogue gangrènent certains de nos quartiers. (...)".

On constate que les mêmes mots liés au trafic de drogue reviennent. Louis renouvelle également les reproches envers l'Etat. Il parle de "réinvestir ce quartier" (par la police) en éludant le reste  de la problématique du quartier: "réinvestir dans ce quartier" (services publics, rénovation urbaine, politique de l'emploi...).

Le 21 août  le ministre annonce des renforts dans plusieurs villes en France dont Perpignan. Louis Aliot s’attribue sur Twitter, le jour même,  le mérite d'une décision qui a été organisé pour plusieurs grandes villes. 

 

 

Le 2 septembre, un escadron de gendarmerie mobile de Dôle constitué de 72 éléments, ont été accueillis officiellement par le préfet des P.O.

Jusqu’à  fin décembre 2022, la presse publie une série de bilans du préfet sur ces renforts de police. Le 2 décembre 2022 la presse communique que depuis début septembre, 788 actions ont été menées à Perpignan. Les chiffres « historiquement bas dans les P.-O." ceux des vols avec violence : de novembre 2017, 46 faits du genre ont été recensés dans le département, 43 en 2018, 41 en 2019,  34 en 2020 (année Covid), 33 en 2021 et 25 donc en 2022 ».

Concernant les saisies de drogue la presse publie le 14 novembre 2022 que les saisies cumulées depuis le mois de septembre représentent plus de 1 kilogramme de cocaïne, et plus de 7 kg de résine de cannabis.

Curieusement le 20 janvier 2023 le Facebook de la Ville cite aussi une saisie par la police municipale d’un peu plus de 17 kg de résine de cannabis en 2022.  

Quels sont les effets du renfort de police ? A-t-elle saisie beaucoup de drogue?

On peut se réjouir des résultats en termes de diminution des violences mais on peut s'interroger sur l'effet sur le trafic de drogue. En effet, dans le département en 2021, la douane a intercepté près de 75 tonnes de cannabis (+24 % par rapport à 2020) et juste le 3 novembre 2022, sur un axe routier en Cerdagne, les agents des douanes saisissent  1 497 kilos de cannabis. C'est pourquoi on peut supposer qu'il y a beaucoup plus qu’1 kilogramme de cocaïne, et 7 kg de résine de cannabis, qui circulent dans les rues de Perpignan.

Pour plus de détails consulter la partie "*Après un été 2022 avec un meurtre et beaucoup de communication : quel résultat policier sur la drogue ?" https://61294045f2a0f.site123.me/bienvenu-sur-mon-blog/d%C3%A9cembre-2022-30-mois-d-aliot-%C3%A0-perpignan-par-olivier-gandou  

Au delà de la communication et des luttes contre les trafiquants de drogues, il existe un problème de santé public ignoré par la mairie. A l'initiative de l'Alternative Endavant, des chercheurs ont révélé le problème sanitaire avec la consommation de crack. La presse a publié des comptes rendus comme cet article https://madeinperpignan.com/drogue-les-prix-du-crack-a-perpignan-attirent-les-consommateurs-de-toute-la-france/   .

Une politique de prévention de la délinquance  à Perpignan?

La présence de la prévention dans cette politique de sécurité est plus confuse à l’instar des connaissances du maire sur la situation.

Le service de médiation urbaine

Le 27 mai 2021 le maire se décide, curieusement, à présenter le service de médiation urbaine qui sur le terrain existe depuis le 14 janvier 2021 avec les 14 médiateurs. (mai 2021 :communiqué de L'Alternative ! sur la sécurité à Perpignan Sécurité à Perpignan : la prévention aux abonnés absents )

Police municipale et école : CM2, lycéens,

Occasionnellement les perpignanais apprennent via les réseaux sociaux ou la presse  l’intervention de la police dans certaines écoles. Au mois de mai 2021 la ville annonce que le personnel de la police municipale est venu sensibiliser les élèves de CM2 aux valeurs de la République.

Selon la presse, en fin d'année scolaire 2022, les uniformes ont défilé au lycée Arago de Perpignan. Parmi eux des représentants de la police municipale. Philippe Rouch, a envoyé son directeur du pôle proximité Hadi Semaïl et le brigadier-chef principal Manuel Erband pour une prise de contact dite très interactive. La police municipale a ouvert ses portes, organisé des ateliers avec les brigades cynophiles, VTT et le centre de vidéoprotection. Les jeunes ont aussi patrouillé en ville avec des îlotiers fiers de montrer leur engagement auprès des Perpignanais.

Une politique de sécurité à Perpignan sans une réflexion globale ?

Tout porte à croire que Louis Aliot mène une politique de sécurité à Perpignan sans une réflexion globale, sans avoir fait un état des lieux. Au mois de septembre 2020 il annonçait un « comité d’expertise sécurité à partir du 1ier ’octobre/ " observatoire de l'insécurité ». Silence pendant des mois. En janvier 2021, une polémique pousse la mairie à évoquer un diagnostic en cours. En fait, rien n’est en cours. Pour un montant que nous n’avons pas le droit de connaitre, le conseil municipal, en mai 2021 autorise le financement d’une prestation intellectuelles et de conseils dans le domaine de la sécurité auprès de la société XR. Le dirigeant de cette société est Christian de Bongain/ Xavier Raufer un ancien militant d’Occident.

 

Décembre 2021 début d’une démarche institutionnelle de prévention de la délinquance

Au cours du conseil municipal de décembre 2021, est voté à l’unanimité la création du Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance de Perpignan Méditerranée Métropole et la désignation de Louis Aliot comme  représentant de la commune au CISPD. 

Avant le vote un membre de l’opposition fait une petite intervention. On peut remarquer l’ignorance apparente de ce qu’est un CLSPD. L’intervention se limite à demander qu’un membre de l’opposition soit associé à cette instance (qu’ils ne voulaient pas quand ils étaient la majorité). Ecouter la vidéo ici https://m.facebook.com/groups/427545897884439/permalink/961893171116373/

Dans le silence des médias, l’instance est étendue au niveau intercommunal. Création du CISPD en octobre  2022 par le 36 communes de PMM CISPD https://perpignanmediterraneemetropole.fr/%F0%9F%93%8Capprobation-de-la-creation-du-cispd/ .

On peut se demander si les informations privées échangées lors des réunions du CISPD seront utilisées à bon escient.

Il faut souligner à cette date que Louis Aliot mène une politique de sécurité à Perpignan depuis 28 mois sans concertation avec les instances de prévention de la délinquance.

Un centre pour les sans abri ?

La question des sans domicile fixe était abordée au départ via un arrêté anti mendicité et aucune autres mesure parallèles. En novembre 2022 Louis Aliot déclare dans la presse que la Ville souhaite créer une structure, composé d’une quarantaine ou cinquantaine de places pour les SDF, qu'elle gérerait pour accueillir les personnes sans domicile fixe et soulager la police municipale. Ce serait en lien avec des associations. Louis Aliot confie, pour lancer cette initiative, s’être appuyé sur l’exemple… biterrois. Le centre d’accueil coûterait à la municipalité de Robert Ménard 200 000 euros par an.

Bilan

Un bilan de sa politique de sécurité de Louis Aliot pourrait prendre en compte ses promesses de campagne sur la sécurité. Sur ce point, force est de constater qu’il n’a pas lésiné ses efforts sur ses promesses de répression et de surveillance. Presque tout est en route à la fin de première année.

Cela s'accompagne d'une communication abondante qui, bien sûr, n’aborde pas les centaines de milliers d’euros de matériel de surveillance de la population pour un résultat faible.

Des nouveaux postes de police qui cachent la disparition de services publics comme la Police Nationale. Postes de police qui ne prendront probablement pas, pour la plupart , les plaintes des citoyens.

La lutte contre les trafics de drogues a pour effet de chasser les dealers d'un quartier de Perpignan vers un autre quartier de Perpignan. En toile de fond, la création de murs contre les dealers et démolitions d’immeubles, tout en laissant de côté la question de la réhabilitation des quartiers.

Cette politique semble être "à l'aveuglette" car le conseil municipal, en mai 2021 autorise le financement d’une prestation intellectuelles et de conseils dans le domaine de la sécurité. Par conséquent de nombreuses décisions sont prises pendant un an sans un diagnostic de la situation. La démarche de coopération  institutionnelle pour la prévention de la délinquance a été à peine entamée en fin 2021. En début 2023, la prévention ne semble toujours pas un sujet de communication municipale.

En outre, on peut s’interroger sur la façon dont va se mettre en place la « cellule de lutte contre les discriminations », ou le « le lien inter-services pour régler avec humanité les problématiques résultant de l’augmentation du nombre de SDF », ou la « coordination des actions de prévention, de repérage précoce et de prise en charge des addictions et particulièrement pour les jeunes ».

Finalement, l’été 2021 et 2022, sont deux périodes de meurtres médiatisés. Tout ça dans des quartiers les plus pauvres de France avec de moins de moins de services publics. Pour le premier, les commerçants alertent bien avant le meurtre. Après le premier meurtre, la préfecture et la mairie se renvoient la responsabilité. La préfecture souligne, à juste titre, que la mairie ne pratique pas la concertation. La décision le lendemain de l’homicide est de fermer la nuit la place Cassanyes, et plus tard de faire paire payer le parking, et de faire beaucoup de communication sur des mesures à venir. En 2022 le ministre envoie des renforts. Il semble y avoir une baisse des violences mais le trafic de drogue, lui, ne semble pas disparaitre.

Contrairement aux mesures d’apparat (ouverture de nouveaux postes), la prévention semble quasi invisible et sans concertation.

Le discours enferme la problématique sur la question du trafic de drogue.

Louis Aliot ne dit rien des autres aspects : santé publique, chômage, pauvreté, disparition de services publics, logements insalubres, souffrance psychique…